Nina… ou l’absurdité d’un monde en crise

Russie, février 1917. Nina débarque chez Konstantin Gavrilovitch Treplev, qui vit en solitaire. Violemment elle lui demande s’il l’aime toujours, déclare que désormais elle sera sienne. Quinze ans plus tôt, elle l’a quitté pour un autre, l’auteur connu Boris Alexeïevitch Trigorine, et la voilà qui revient sur la scène même où s’est joué leur triangle amoureux. Elle ne sera pas seule : Trigorine arrivera à sa suite.

<em>Nina…</em> ou l’absurdité d’un monde en crise | 10 avril 2024 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo : Charline Clavier

Russie, février 1917. Nina débarque chez Konstantin Gavrilovitch Treplev, qui vit en solitaire. Violemment elle lui demande s’il l’aime toujours, déclare que désormais elle sera sienne. Quinze ans plus tôt, elle l’a quitté pour un autre, l’auteur connu Boris Alexeïevitch Trigorine, et la voilà qui revient sur la scène même où s’est joué leur triangle amoureux. Elle ne sera pas seule : Trigorine arrivera à sa suite.

L’hiver, la neige, le brouillard les couvent, mais au dehors la révolution gronde, la menace se rapproche.

L’auteur roumain Matéï Visniec réunit les trois protagonistes de La Mouette de Tchekhov. La jeunesse de Nina s’est écoulée en désillusions tandis que Konstantin n’a fait que mariner dans sa passion déçue. Trigorine fuit les tourments politiques. Ils sont liés à la fois par leur passé commun et par des lendemains incertains.

Reprendre son souffle

Les intermèdes musicaux aident à absorber ce texte dense, donnent au public quelques minutes pour reprendre son souffle avant de replonger dans cette atmosphère menaçante de fin du monde.

Un brin éthérées, un brin nostalgiques, les compositions de Marianne Poirier (L I L A), Josué Beaucage et Kerry Samuels offrent un moment méditatif. Leur présence sur scène et leur interprétation apportent beaucoup au spectacle.

La mise en scène de Guillaume Pepin, qui intègre de façon rafraîchissante la vidéo et les éclairages d’un concert musical, réactualisent les personnages imaginés par Tchekhov. Leur perte de repères devant un monde en crise fait d’autant mieux écho à la nôtre.

L’absurde en filigrane

Marc-Antoine Marceau (Treplev), Jean-Sébastien Ouellette (Trigorine) et Mary-Lee Picknell (Nina) se renvoient la balle avec doigté. Leurs échanges habiles laissent entrevoir l’absurde en filigrane. Soulignons l’interprétation de Mary-Lee Picknell, nuancée dans son intensité.

Nina ou la fragilité des mouettes empaillées est à l’affiche jusqu’au 27 avril au Théâtre Périscope.

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