Pisser debout sans lever sa jupe : Retourner l’arme contre les autres

La dernière pièce de cette saison du Périscope fait magnifiquement mal. Pisser debout sans lever sa jupe propose une autofiction où huit artistes dissèquent tour à tour leurs identités. Dans ce show queer où les plaies ouvertes saignent d’éclats de beauté, les scalpels volent bas.

<em>Pisser debout sans lever sa jupe</em> : Retourner l’arme contre les autres | 11 mai 2024 | Article par Marrie E. Bathory

Crédit photo : Hugo Bélanger

La dernière pièce de cette saison du Périscope fait magnifiquement mal. Pisser debout sans lever sa jupe propose une autofiction où huit artistes dissèquent tour à tour leurs identités. Dans ce show queer où les plaies ouvertes saignent d’éclats de beauté, les scalpels volent bas.

« You do you »

D’abord l’épilogue, l’après-catharsis où les voix s’unissent pour célébrer la communauté.

Puis un prologue énigmatique, où le danseur Fabien Piché donne un aperçu de son talent.

La scène qui suit – la partie I, donc : un bachelorette réunissant six ami·e·s de longue date. L’alcool a tôt fait de délier les langues de vipère, et rapidement les protagonistes s’entraccusent de pécher par misogynie, racisme, grossophobie, wokisme performatif. Mais aucun·e d’entre elleux n’est en odeur de sainteté – you do you, disent-iels.

On comprend ensuite qu’il s’agit d’un mécanisme de défense, une façon de retourner contre les autres les tessons tranchants du mal-être, de la dysphorie de genre, du mal de soi. Une façon de se protéger après les écorchures qu’iels ont subies trop jeunes.

L’harmonie de l’ensemble

À l’issue de chacune des histoires crues confessées au public, les blessures se subliment par l’art. De petites jouissances comme autant de petites victoires sur l’adversité.

Tour à tour brillent les alter ego des interprètes, Ariel Charest, Zoé Tremblay-Bianco, Sarah Villeneuve-Desjardins, Vincent Roy, Laurence Gagné-Frégeau, Lucie M. Constantineau, Fabien Piché et Jorie Pedneault, qu’on connaît aussi en tant qu’Adieu Narcisse.

Dans cette mise en scène tantôt sobre, tantôt grandiose d’Olivier Arteau, l’intégration de la musique, de la danse et de la poésie à ce spectacle de théâtre s’avère parfaitement harmonieuse, à l’instar du chant choral initial. Les genres musicaux sont d’ailleurs aussi variés que les identités présentées. C’est la grande beauté de la diversité, de la mise en commun des différences. Encore cette fois, la collaboration du Périscope avec le Pantoum porte ses fruits.

Chaque artiste, chaque numéro mérite amplement les applaudissements qui ponctuent la représentation.

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Pisser debout sans lever sa jupe est présentée au Périscope jusqu’au 18 mai.

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