Maison Henry-Stuart : le charme à l’anglaise depuis 25 ans | 29 juin 2018 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: Gracieuseté, Action patrimoine

Maison Henry-Stuart : le charme à l’anglaise depuis 25 ans

Vestige d’un passé où la Grande Allée n’était qu’un chemin de campagne, la maison Henry-Stuart trône encore fièrement, à l’angle de l’avenue Cartier, voisine des Halles. Cette année, elle souffle ses 25 bougies comme lieu muséal ouvert au public.

« Des restaurations majeures ont été apportées en 1992 pour redonner le lustre d’antan de la maison afin d’en faire un lieu muséal. La maison Henry-Stuart, construite en 1850, a ouvert ses portes au public en 1993 », précise Claire Dumoulin, gestionnaire du site de la maison Henry-Stuart.

Entouré d’un jardin à l’anglaise et d’un sous-bois comprenant des frênes et des érables matures, le cottage de style Regency, caractérisé par la symétrie, est classé comme monument historique fédéral et provincial. « Sur le tronçon du chemin du Roy, ce sont les maisons Henry-Stuart et Hamel-Bruneau qui témoignent de ces cottages-là, la Villa Bagatelle aussi », souligne Mme Dumoulin.

Des traditions bien ancrées

La dernière propriétaire à occuper les lieux étaient Adèle Stuart, décédée en 1987 à l’âge de 98 ans. « Certains passants se rappellent peut-être d’elle, en train de s’occuper de ses fleurs dans son jardin à l’anglaise, et d’en offrir de temps à autre aux visiteurs », ajoute la gestionnaire du site patrimonial.

La maison Henry-Stuart est nommée en l’honneur de la famille Stuart, qui a occupé les lieux pendant 70 ans. Elle a été acquise en 1918 par Mme Stuart et ses deux filles, Marie Loretta et Adèle. Originaires d’Écosse, les Stuart — issus de la bourgeoisie — se sont établis dans la ville de Québec assez tôt dans l’arbre généalogique. Des figures connues en font partie, dont des avocats et des maires de Québec.

Très attachés aux traditions victoriennes, les Stuart avaient l’habitude de prendre le thé d’après-midi chaque jour, avec des invités issus de la bourgeoisie comme eux.
Crédit photo: Gracieuseté Action patrimoine

Très attachées à la tradition victorienne, les dames Stuart avaient l’habitude de prendre avec des invités le thé chaque après-midi, accompagné d’un cake ou de collations. Du thé et du cake au citron sont d’ailleurs offerts à la fin de la visite guidée, selon la tradition anglaise. Le salon est la pièce préférée des Stuart (parmi les 12 pièces de la maison), notamment pour l’heure du thé et le temps passé après le souper. « Adèle a tenu un journal pendant 5 ans, grâce auquel on a des détails assez précis de leur vie quotidienne. On a des extraits de ce qui se passe au niveau géopolitique en 1944 », mentionne Mme Dumoulin.

Théâtre de guignol et projet de place éphémère

Il a été question d’aménager une place éphémère du côté du stationnement sur l’avenue Cartier, mais le projet sera finalement reporté. La réflexion va se poursuivre l’an prochain. Action patrimoine, responsable de la gestion et de la mise en valeur du site, se concentre sur les activités soulignant les 25 ans du lieu muséal.

Des activités gratuites auront lieu justement pour souligner les 25 ans de la maison Henry-Stuart, qu’il s’agisse de performances vocales, de dentelle en plein air ou de théâtre de guignol. Ce spectacle de marionnettes pour les 3 à 10 ans aura lieu les samedis à 13 h, du 7 juillet au 8 septembre. C’est L’Affaire du cochon, une production de la Société du patrimoine urbain de Québec (Îlot des Palais) présentée par la SDC Montcalm – Quartier des arts, que pourront apprécier les petits.

« On veut redonner l’espace aux gens du quartier, les inviter à s’attarder un peu autour de la maison. La maison Henry-Stuart est le témoin d’un style de vie à une époque particulière. On veut garder cet ensemble exceptionnel le plus authentique possible, mais on souhaite ouvrir un peu plus au public », indique Anne-Sophie Desprez, responsable des communications à la maison Henry-Stuart.

Maison Henry-Stuart
82, Grande Allée Ouest
418 647-4347